2022 – Le Voyage de MarCo – 1.40 – Vers Saint Jacques de Compostelle…

Pamplona… Ou la fin du Pèlerinage.

Lever de Soleil sur Pamplona.

C’est après 40 jours de marche que nous arrivons à Pamplona. Il est 8h du matin, il fait déjà 19°… J’ai réservé une chambre en Airbnb pour pouvoir couper la traversée de la ville en deux. On a le temps, l’entrée dans le logement se fait à partir de 15h. Coco n’avait pas envie de décoller ce matin, moi c’est le paysage qui m’a motivée. Je suis fatiguée et j’ai mal partout, surtout au pied droit. Nous marchons dans la ville déserte à la recherche d’un boui-boui ouvert pour manger un petit quelque chose. Il est encore tôt, l’Espagne se réveille à peine ! Ça me fait plaisir d’être là, c’est très typique de l’Espagne que j’ai connue à Barcelone : les paysages, les odeurs, les devantures de boutiques, et surtout, cette manière de parler à la fois speed, chaleureuse et râleuse qu’ont les espagnols. C’est familier et je ne sais pas vraiment pourquoi… Mon expérience en Espagne se résume à une semaine de voyage scolaire à Barcelone, une colonie de vacances de trois semaines en itinérance dans le nord de l’Espagne (étions nous passés à Pamplona ??? Je ne sais plus…) et une petite année de vie à Barcelone où j’ai fait mon service civique dans une association française. L’Espagne, et surtout la langue espagnole, me parlent vraiment beaucoup. Ce sont des ambiances qui me touchent profondément, qui m’appellent comme un « aimant » et qui me bercent comme un doudou. Je ne me l’explique pas, ça a toujours été comme ça… Pourtant c’est la grande ville !

Vue depuis les remparts du Casco Viejo.
Plaza de Recoletas, Pamplona.
Parc de la Citadelle.

Je fais un arrêt à l’Office de Tourisme pour faire apposer le tampon sur la Credenciale, fière de traverser Pamplona à pieds. Puis je passe devant une boutique d’articles de randonnée. Je me suis mis en tête de changer de sac à dos depuis le séjour à Saint Jean Pied de Port… Le vendeur parle énormément et fini de pomper les quelques forces qui me restaient pour la journée. Je ne sais toujours pas ce qu’il s’est passé dans cette boutique mais je me suis sentie très mal d’un coup, j’ai du courir aux toilettes du musée d’en face pour me passer de l’eau fraîche sur le visage et je me suis mise à pleurer. Pleurer, pleurer, pleurer… Sans m’arrêter, sans savoir pourquoi, sans être capable de rien d’autre que de marcher à pas lents et perdue vers le Airbnb où nous sommes arrivés un peu avant midi. J’ai écrasé mon désespoir sur le premier banc ombragé que j’ai trouvé et j’ai continué à pleurer jusqu’à ce que j’ose enfin appeler mes hôtes pour leur demander d’entrer dans l’appartement avant l’heure prévue.

J’arrive en sueur et en pleures chez Ruben où sa compagne Isabel nous accueille on ne peut plus chaleureusement à grandes vagues de câlins, de verres d’eau citronnée, de phrases tellement espagnoles qu’elles me réchauffent un peu le coeur, de caresses à Coco… Le tout malgré son rendez-vous imminent à l’autre bout de la ville ! C’est assez brutalement que nous nous retrouvons seuls dans leur appartement pour deux bonnes heures. Je lâche toutes mes affaires et mes pleures dans le salon avant de monter prendre une bonne douche et de me mettre au lit où Coco ne m’avait d’ailleurs pas attendue ! Ça contraste beaucoup avec ces quelques premiers jours passés en Espagne où le bivouac est interdit partout (et la Guardia Civile veille bien à ce que ce soit respecté !) et où les chiens sont loin d’être les bienvenus….. Avec Isabel, le chien est roi !

Face à l’insistance d’Isabel, je cède et laisse Coco s’installer sur le deuxième lit… Que bonito !

Chez ce couple de quasi la soixantaine je me sens vraiment en famille, comme si nous nous connaissions depuis toujours. C’est très agréable et même si je peine à me d’étendre (la chambre est très cher, je resterai bien mais je ne peux pas me permettre ce genre de tarifs plus d’une nuit en urgence…) Je passe un super séjour en leur compagnie malgré la canicule qui s’est invitée sans prévenir ! L’après midi en ville il fait un bon 38°, du coup on se calque assez facilement à l’heure espagnole : déjeuner à 14h30 et repas à 21h30…! En leur compagnie je visite la ville et leur quartier, dans les petits coins que les touristes ne verront probablement jamais. C’est beau, c’est chouette, c’est très vert il y a beaucoup de parc ! Pamplona est selon moi une ville qui mérite vraiment d’être visitée et vécue !

Apéro-Gratitudes le dernier soir, sur fond de coucher de Soleil.

On a bien rit, on a bien mangé et on a bien pleuré même ! Mais maintenant il faut songer à repartir. Même s’ils m’invitent gratuitement à rester encore quelques jours, je suis fatiguée et maintenant que la décision d’arrêter le pèlerinage est prise, j’ai envie de rentrer tranquillement… Retrouver le cocon du camion pour changer de vêtements et faire le tri dans les idées, les impressions… Il a été difficile de trouver un moyen de revenir en France avec le chien car au dessus de 10kg ils sont interdits dans tous les transports, le taxi est trop cher de toute façon et les covoiturages un peu frileux sur les poils de chiens dans la voiture…! J’ai finalement fini par trouver un covoiturage qui nous a conduits à Bayonne où une amie et collègue est sympathiquement venue nous chercher et nous a hébergés dans son camping car pour le week end. Nous avons pu profiter de la plage, ça faisait vraiment plaisir !

Les belles plages du Pays Basque !

Nous avons pris le train de Bayonne à Toulouse, avec cette jolie vue sur les Pyrénées. Qu’est ce que j’aime prendre le train… Hébergés chez un ami, le séjour à vite été écourté car un joyeux enchaînement d’événements est venu nous secouer ! Une opportunité de logement à côté de Figeac nous a fait ressauter dans un train aux aurores pour nous présenter au propriétaire lors de la visite. Une maison magnifique sur 3000m² de jardin bien lotois, avec cheminée et exposée sud-ouest ! C’est en compagnie de ma petite soeur que nous allons prendre un nouveau départ dans cette nouvelle vie : le bail de colocation a été signé ce matin, emménagement prévu fin Août. C’est tellement agréable de vivre en écoutant son coeur, de surfer sur la vague quand tout est fluide ! La suite du Chemin de la Vie se fera là où notre pèlerinage a commencé : à Figeac… Sur le GR65 qui mène chaque année tellement de personnes au Coeur D’eux-mêmes…

Immenses gratitudes à Tout, à la Vie, au Bonheur d’être Vivants !

La nouvelle maison, sur le Chemin vers Saint Jacques de Compostelle…!
Une nouvelle aventure qui commencera en Août en compagnie de ma soeur et des animaux qui ont changé nos vies !

2022 – Le Voyage de MarCo – 1.35 – Vers Saint Jacques de Compostelle…

Latrille – Arzacq Arraziguet – Arthez en Béarn – Sauvelade – Castelnau Camblong – Aroue – Chapelle de Soyartz – Lacarre – Saint Jean Pied de Port – Roncevaux !

A la frontière franco-espagnole !

Il m’est de plus en plus difficile de passer du temps à rédiger le blog. Je préfère écrire dans mon journal et la solitude a déserté totalement ! Depuis Aire sur l’Adour les pèlerins partis du Puy en Velay début avril nous ont rattrapés ! Et a partir d’Ostabat, toutes les voies se retrouvent. Donc il y a du monde maintenant et cela me pèse depuis plusieurs jours. Notre état de fatigue nous a contraint à rester quatre jours à Saint Jean Pied de Port. Pas le meilleur endroit pour se reposer au calme mais ça nous a fait du bien malgré tout. Les coussinets de Coco commençaient à être secs, en arrivant à SJPdeP je suis allée chez le vétérinaire pour leur demander conseils. Le produit qu’ils m’ont vendu n’a fait qu’empirer l’état de ses coussinets (Solipat)…… Du coup nous sommes restés plus longtemps que prévu, disant au revoir à toutes les connaissances avec qui nous avions fait un bout de chemin. Et la grande question : est ce qu’on continue ou faut il s’arrêter là ?… J’ai acheté du Ghee (beurre clarifié) à l’épicerie bio du village et je l’ai appliqué sur les pieds de Coco deux fois par jours pendant deux jours : très bon résultat obtenu ! Du coup nous sommes repartis dimanche matin…

Rue de la Citadelle, Saint Jean Pied de Port.

Nous étions des dizaines (voire quelques centaines !) a traverser les Pyrénées en même temps dimanche dernier. Moi qui recherche désespérément du silence et de la solitude depuis des jours, j’étais servie ! Une étape difficile que nous sommes fiers d’avoir réussie ! La plus belle étape depuis le début de notre Chemin, la plus difficile aussi, surtout après ces quatres jours de pause. Je me rends compte que ce n’est pas forcément pertinent de s’arrêter longtemps comme ça, mais nous étions tous les deux épuisés et j’en ai profité pour faire réparer mes chaussures ! Nous ne sommes désormais plus qu’à 750 km de Santiago !

Super météo pour profiter du paysage dés le lever du Soleil !
Une ascension réussie malgré le dénivelé et le vent !
Des portions d’ombre fort bien venues pour amorcer la descente l’après midi.

Coco s’est fait un copain de voyage ! Nous avons fait quelques petits kilomètres ensemble (ils marchent bien plus vite que nous…) et une soirée de bivouac. C’était sympa d’échanger les conseils et expériences sur le voyage avec un chien. Je me rends compte que je prends beaucoup plus soin de Coco que les autres voyageurs (respect des horaires et temps de sieste, eau et nourriture en quantité, soin des coussinets, massages…) L’inconvénient de mangeur de voyager avec un chien est que les gens posent énormément de questions… Ce qui me fatigue beaucoup, d’autant plus que c’est parfois critiqué et il y a également des gens qui pensent que c’est de la mal traitance de faire ce voyage avec un chien. Chacun ses opinions, ce qui compte pour moi c’est que Coco fasse de bonnes balades et ne manque de rien. Si il a le sourire, on a passé une bonne journée !!

Un copain de rando pendant quelques kilomètres…

Je n’ai pas trop conscientisé l’arrivée à Roncevaux… Épuisée, j’étais assaillie de douleurs à tous les niveaux et la file d’attente en plein Soleil pour récupérer le tampon de Crédencial et demander le droit de dormir dans les parages m’a achevée. Par dessus cela, j’ai fait l’erreur d’aller « boire un coup » avec les pèlerins rencontrés sur le chemin mais l’ambiance n’était pas au rendez vous… En tout cas c’était différent de ce que j’ai pu partager avec d’autres. Couchage tardif, insomnie et nous voilà repartis. Je ne suis pas très à l’aise pour l’instant et c’est un peu l’angoisse car la Guardia Civile est très présente et le camping sauvage formellement interdit. Les auberges sont souvent complètes et, de toute façon, très peu acceptent les chiens, ne serait ce que dans le jardin… Les Églises et Chapelles sont pour l’instant toutes fermées. Un contraste avec le début du Chemin qui n’arrange pas mes peurs ! Je continue à regarder les points d’eau et les magasins d’alimentation mais j’ai aussi envie de me laisser porter un peu. C’est le soir, quand j’ai faim et qu’il ne me reste qu’une barre de céréales pour le lendemain que je reprends le smartphone pour consulter le Miam Miam Dodo, ce qui ne me rassure pas toujours d’ailleurs…!

Pour 4€, bivouac au pied de la Collégiale à Roncevaux.

Nous allons poursuivre en gardant en tête que le confort ne sera certainement pas pour tout de suite… D’autant plus que je dépense en moyenne 100€ par semaine entre nourriture pour deux, une halte en gîte, une lessive… C’est beaucoup et il va falloir faire un peu plus de bivouac pour être sûr d’avoir assez d’argent pour aller jusqu’au bout. Ou lâcher prise totalement et se laisser porter par le Chemin et tous ces cadeaux…

Aujourd’hui c’est sous un hangar de jeu de pelote basque que nous tentons d’échapper à la chaleur de l’après midi (qui commence à 10h en réalité !), près d’une fontaine d’eau potable pour se reposer, s’hydrater et faire le plein d’eau avant de partir à la recherche d’un lieu de bivouac. J’avoue ne pas être très à l’aise avec ce premier jour d’aventure en Espagne. Nous verrons bien ce que nous offre la suite du Chemin !

Col Lepoeder, Espana !

2022 – Le Voyage de MarCo – 1.23 – Vers Saint Jacques de Compostelle…

Eauze – Nogaro – Lelin Lapujolle

A Lamothe, après une pause au gîte Le Mille Bornes !

On avance, on avance. Petite à petit les kilomètres défilent tranquillement. Le sac est toujours beaucoup trop lourd… Je réfléchis encore à ce que je pourrais renvoyer mais chaque fois que je crée une petite liste dans ma tête, j’utilise lesdits objets dans les 24h qui suivent ! Donc on poursuit comme ça… À Éauze nous étions bien au calme dans le camping municipal fermé mais entretenu. Un petit carré d’herbe plat, une mission McGiver pour crocheter proprement la serrure d’une cabine de douche et hop ! Un camping propre et ouvert rien que pour nous. Eau, électricité, douche (froide, faut pas déconner), WC… Une pause au calme et à l’ombre, avec radio chevreuils (voire même concert chevreuil ! Car je ne sais pas combien de kilos il faisait ni à combien de petits mètres il était mais il nous a bien allumé les tympans celui là !!) et télé écureuils. Pour s’y rendre c’est facile, il suffit de suivre l’ancienne voie ferrée (qui a été retirée) c’est plat et tout droit, à l’ombre des arbres, parfait !

Camping municipal d’Éauze.

Je me suis rendu compte qu’il est plus pertinent de faire halte après les villes plutôt qu’avant car le matin nous partons trop tôt et à l’heure où nous les traversons les commerces ne sont pas encore ouverts pour acheter le pique nique… Je m’organiserai différemment maintenant même s’il n’y a pratiquement plus de ville sur Le Chemin d’ici à la frontière ! Hier était une journée particulière. Ça fait deux jours que je trouve les étapes difficiles alors que nous faisons principalement du plat et qu’il fait gris le matin (bon pour le physique mais peut être moins pour le moral ?) et Soleil dès 14h (la météo est vraiment parfaite pour nous !). J’avais prévu une halte près d’une petite chapelle dite de L’Hopital. A peine une dizaine de minutes après notre arrivée j’ai vite constaté que nous étions nombreux à avoir prévu de déjeuner ici : première fois avec autant de monde, nous étions une bonne vingtaine à grignoter tous ensemble ! De nouvelles rencontres et un peu d’ambiance pèlerine ! L’occasion pour Coco de finir les restes de pique nique… Et de ne pas faire sa sieste ! Un riverain nous a branchés sur un petit village à 2,5km du Chemin : Sainte Christie. Il nous a vendu du rêve donc j’ai décidé que nous pourrions camper là bas, sur l’aire mise à disposition exprès par la mairie. Bon. Ça vallait le détour, c’est joli, mais camping interdit… Un peu navrée et fatiguée je constate que Coco ne veut plus continuer, il est dans sa sieste, et que je n’ai pas d’autre plan eau pour le bivouac du jour. De toute façon, 20km c’est bien assez pour moi aussi car le sac me pèse et le dos et les épaules en pâtissent lourdement, c’est le cas de le dire. Je décide de m’assoire et de ne rien faire, parce que je ne savais pas quoi faire de toute façon !

Pique nique convivial à la Chapelle de l’Hopital.

C’est là qu’un villageois vient me proposer de nous conduire en voiture à Nogaro. Un peu perdue je ne sais quoi répondre : Compostelle, voiture… Pas pour nous ! Puis je me suis souvenu du jeudi pourri où j’ai refusé cette proposition, où je me suis fait mal au genou, où Coco a souffert de tant de kilomètres parcourus, où nous avions dû nous arrêter quatre jours à Moissac pour nous reposer… J’ai accepté. Comme ils ont un chien aussi, ça ne gênait pas que Coco s’installe tout fier sur les sièges arrière ! Ça va plus vite en voiture c’est sûr ! En 5min nous étions sur le parking du supermarché. J’ai refait le plein de pique nique puis nous sommes allés frapper à la porte du gîte communal pour prendre une chambre. Je ne sais pas pourquoi j’ai répondu « chambre » à la question « tente ou chambre » mais quand il s’est mis à bien pleuvoir en fin de journée, j’était ravie d’avoir prononcé le mot « chambre » ! Une bonne nuit de repos, très bien installés dans une chambre individuelle. Douche chaude, lessive, repas chaud, tisanes à volonté… De l’isolement et du silence pour Coco. Voilà le confort dont nous avons besoin pour nous sentir bien. L’occasion de nous socialiser un peu avec les autres pèlerins. Ça parlait pas mal allemand, j’étais un peu larguée avec mon anglais approximatif…! Mais c’était une chouette soirée où nous avons rencontré, entre autres, Peter de la télévision Suisse, Allan qui marche avec une petite chienne de 9 ans bien vaillante, Daniela et Anita deux magnifiques personnes avec qui nous avons fait un bout de Chemin… Coco adore manger avec les allemands qui laissent souvent quelques Knackis traîner en fin de repas….! Et j’ai très bien dormi, ce qui est une fête en soi !!!

Départ du gîte en balade collective…
…Peu d’interaction mais contents de partager la route ensemble…
…Mais ils nous ont vite distancés ! (Enfin surtout moi parce que Coco était avec eux jusqu’à la grande route)

Des rencontres furtives et à tirage unique car nous marchons deux fois moins que les autres donc on se perd vite de vue… Pareil pour les rencontres des hospitaliers et des hôtes qui tiennent les gîtes. Aujourd’hui nous avons fait halte chez Liès qui a acheté le gîte de Lanne Soubiran en Août dernier. Super accueil thé/café/boissons en libre service et donativo. Ils veulent également faire un bout de chemin avec leurs chiens. Je me suis vue de l’autre côté de l’interrogatoire : il semblerait que maintenant ce soit moi qui donne les réponses aux questions que je me posais il y a quelques mois sur le voyage à pieds avec un chien. Car oui, nous avons cheminé trois semaines depuis ! Déjà. Il me fallait bien ça pour me sentir un peu plus dans l’esprit du Chemin. Hier je lisais sur le cahier d’une Chapelle que c’est seulement après 40 jours de marche qu’une pèlerine sentais enfin le lâcher prise et les bien faits du pèlerinage. Encore de la route à faire alors ! Je saurais que j’aurais lâché prise quand mon sac sera devenu léger et inoffensif pour mes articulations !!!

Devant l’Eglise de Lanne Soubiran, merci à Daniela pour la photo !

Je mange plus qu’au début du voyage. Pourtant il me reste des réserves…! Mais là j’ai besoin de manger plus et Coco aussi j’ai remarqué. Quand il y a peu de commerces entres les étapes ça fait porter un sac plus lourd de pique nique du coup. Mais ça se fait. Sur 15km c’est ok. 20km c’est difficile et davantage c’est trop, autant pour Coco que pour moi. Quand je trouve un endroit pour dormir je pose mon sac en espérant le retrouver complet à l’endroit où je le laisse et en faisant confiance aux gens et je vais marcher à vide pour réactualiser mon confort physique. On se fait une petite balade le soir aussi, tranquillement après manger.

Sieste à l’ombre à Lelin Lapujolle.

Ce soir nous faisons halte à Lelin Lapujolle où la mairie accepte les tentes dans un petit coin d’herbe plat, à proximité des tables de pique nique et des sanitaires. On vois passer des pèlerins qui s’arrêtent une minute, boire, manger, aller aux toilettes. C’est sympa comme ça aussi et je révise mon anglais lors de ces échanges courts mais plaisants. J’ai rencontré Helen qui a commencé son chemin depuis chez elle en Allemagne ! Elle a renvoyé sa tente et ses vêtements d’hiver hier, pour cause de sac tellement trop lourd, comme je comprends… j’aimerais réussir à faire du vide moi aussi, mais j’utilise tout, et je suis bien contente d’avoir une tenue de rechange finalement. Ça m’évite d’être nue sous mon poncho de pluie en attendant que le linge se lave et se sèche…! Pendant que Coco alterne sieste et chasse aux rapiettes, je profite d’un instant de solitude, d’une table de pique nique et du wifi de la mairie pour écrire un petit article. Globalement je trouve que les journées passent vite, pourtant j’ai l’impression de rien faire de particulier à par marcher le matin et installer le campement l’après midi… Écrire dans mon journal, laver une culotte, écouter les oiseaux, visiter les alentours, respirer les fleurs… C’est sympa de marcher comme ça au printemps ! Aujourd’hui le chemin était plus nature et surtout plus boisé, ça fait vraiment plaisir après toutes ces étendues d’agriculture… Nous repartirons tranquillement demain matin pour traverser Aire sur l’Adour et poursuivre le Chemin à notre rythme, selon nos envies et notre bien être physique.

21 jours les amis ! Le minimum nécessaire pour se mettre dans l’ambiance du Chemin…

2022 – Le Voyage de MarCo – 1.20 – Vers Saint Jacques de Compostelle…

Espalais – Miradoux – Lectoure – Castelnau sur l’Auvignon – Condom – Montréal du Gers…

Après une reprise en douceur sur le chemin de halage du canal au départ de Moissac, nous avons fait halte à Saint Antoine du Pont de l’Arratz pour attendre que la chaleur se dissipe tranquillement. Une mauvaise organisation de ma part… Depuis nous sommes repassés à un rythme de 10-20km max par jour à parcourir à la fraîche le matin uniquement. A Espalais nous nous sommes arrêtés chez Frédéric (pèlerin) qui tient le gîte du Par’Chemin. J’avais rencontré Frédéric à Durfort Lacapelette, ce fameux jeudi pourri… Il m’avait invitée à venir dans ce lieu magnifique qu’est le Par’Chemin. Accueil chaleureux qui met les larmes aux yeux, installation parfaite, douche chaude, repas de rêve tellement bon et chaud ! De supers échanges pour une journée de reprise qui s’est terminée en beauté ! Le lendemain petit déjeuner copieux et varié (je ne mange pas le matin mais là je ne pouvais que faire honneur aux confitures maisons en profitant d’une tisane chaude !) Une adresse à ne pas louper (c’est sur Le Chemin, même en son absence, l’accueil chaleureux est au rendez-vous (thé, café, sirop à prix libre ; eau et toilettes accessibles)) franchement bravo et merci pour cet accueil remarquable ! Une belle personne à rencontrer.

Lever de Soleil au Par’Chemin, à Espalais.

A Miradoux nous nous sommes installés aux abords du stade de foot. Point d’eau et toilettes accessible et… Apparition d’une douche chaude derrière une porte faussement fermée (astuce soufflée par un riverain ! Merci bien !!). Super coucher de Soleil et magnifique lever le lendemain matin. Pour repartir à la fraîche et se tromper de chemin dès le premier kilomètre… Un détour de quelques 800m, pas grand chose, mais sur une étape de 18km ça compte !

Lever de soleil au stade de foot à Miradoux.

Une fois arrivés à Lectoure, de nombreux villageois nous ont indiqué le Jardin des Amandiers (ou Jardin de la Croix Rouge) pour installer notre campement car il y a de l’eau potable, des toilettes, une douche (que nous avons trouvée trop tard…) et les tentes y sont autorisées, le terrain étant d’ailleurs laisse à disposition exprès (terrain très pentu… mais c’est l’intention qui compte…!). Un arbre très original sortant d’un mur nous a interpellées ! Soirée bizarre cependant… C’est aussi ce soir là que Coco a déchiré une partie de la moustiquaire de la tente… Fatiguée, j’ai manqué d’attention lorsqu’il réclamait à aller se coucher et j’ai vu trop tard qu’il grattait la tente dans espoir de s’y faufiler pour se poser au chaud à sa place pour commencer sa nuit… Une bonne leçon pour moi.

Pour les pèlerins campeurs, terrain (maxi pentu) destiné et autorisé à Lectoure.
L’arbre-mur !
Sur les hauteurs de Marsolan.

Nous sommes repartis de Lectoure en duo Coco et moi. Nous avons rapidement rencontré Sylvie sur le chemin pour marcher, que dis je !? Courir jusqu’à Marsolan ! 9km parcourus en 1h45 ! En arrivant dans le village je n’ai pas compris ce qu’il c’était passé…! Bien en avance sur l’étape j’ai pris une bonne heure de pause au café-épicerie du village avec petit déjeuner et boîte de sardines pour Coco. De quoi repartir en forme pour la petite dizaine de kilomètres qui nous séparait de la Chapelle Sainte Germaine un peu avant Condom. C’est sur cette route aussi que nous avons croisé Jacques qui, parti de chez lui (Belgique) il y a 8 mois, rentre doucement mais sûrement pour reprendre le travail après une année sabbatique pour « faire Le Chemin ». Descendu jusqu’à Fisterra par la voie de Tour et le Camino Francès, il remonte par le Camino del Norte et la voie du Puy en Velay. De quoi raviver notre programme de voyage pour ce nouveau départ ! J’aime beaucoup croiser les gens qui « reviennent » ça me donne beaucoup de force et de sérénité pour continuer. Et avec une soirée de presque solitude dans cette magnifique Chapelle en compagnie des lièvres et des faisans, je laisse divaguer les pensées vers le rêve de poursuivre ce voyage pour toute une vie…

Le lendemain petite étape d’à peine 8km pour atteindre Condom. A l’entrée de la ville nous trouvons une place au fond du jardin du gîte du Champ d’Etoiles où Jean-Marc et Véronique acceptent les chiens mais seulement à l’extérieur. La tente est plantée dans un petit coin au bord du ruisseau. C’est le moment de faire une pause confort : douche chaude, tisanes, lessive (y avait bien besoin après une semaine…..) et toilettes bien venues pour le premier jour de mes règles. A voir comment je vais vivre ça en bivouac… Petite visite de la ville et des épiceries ou je refais le (trop)  plein de pique nique. J’achète un pantalon de survet’ dans la friperie du secours catholique. Plus confortable qu’une simple et unique culotte sous un poncho pour attendre que le linge sèche ! (Une amie de Véronique m’a prêté des vêtements pour que je puisse profiter de la ville en attendant le retour de tout mon linge. Vraiment sympa car la meteo n’était pas au plus efficace pour le séchage ! Les habitants et commerçants de Condom sont très accueillants et agréables c’était un super moment : Coco recevait une gamelle d’eau quand on s’arrêtait devant un commerce, le boucher lui a découpé une tête de fémur (histoire de rajouter un peu de poid dans le sac…!) Il était ravi et cette surprise maximale était bien venue après les soins des pattes ! J’ai aussi rencontré l’un des gérants de la boutique Caminoloc (je n’ai pas retenu son prénom, ou alors je ne l’avais pas demandé…) qui est parti un an et demi sur le Chemin et qui, lorsque je lui ai demandé ce que cette expérience lui avait apporté de plus beau, m’a répondu : « Ça a sauvé ma vie. » Merci à lui pour ce partage si fort en émotions…

J’ai renvoyé les sacoches de Coco… Colis en cours de préparation !

Nous sommes repartis tranquillement de Condom ce matin. Toujours à la fraîche ! Le temps est vraiment idéal pour marcher en ce moment : il fait gris et frais jusqu’à midi, après les éclaircies sont plus nombreuses et régulières, c’est parfait pour nous ! On profite du confort de la fraîcheur du matin et du soleil l’après midi quand on est posés. C’est parfait ! Il commence à y avoir du monde sur le chemin, nous étions nombreux à nous suivre aujourd’hui. Alors que je trouve que j’ai déjà un bon rythme de marche, certains courent presque dans les montées !! On a pas le même sac mais quand même ! Qu’ils me passent le numéro de leur coach sportif !!! Ce soir nous sommes installés à l’ancienne friche (devenue zone naturelle ouverte au public) de Montréal du Gers. J’ai suivi les recommendations de plusieurs personnes pour venir ici mais il semblerait que le samedi ne soit pas le meilleur jour pour y camper : beaucoup de passage et pas toujours agréable… Coco s’est fait attaquer par deux AmStaff, ça faisait longtemps… Quelques fumeurs de j***** qui mettent la musique mais assurent rester qu’un bref moment. A voire la nuit que nous passerons ici. J’ai voulu repartir mais Coco dort depuis une bonne heure déjà et je ne veux pas qu’il passe à côté de sa nuit. De toute façon demain nous nous reveillerons aux aurores : c’est l’ouverture le la pêche !!! D’ici là je regarde le renard et les chats faire leur petite vie autour de la marre. Tandis que les moustiques sont bien au rendez-vous, les grenouilles n’ont pas encore commencé à chanter (et c’est une excellente initiative !!). Aïe aïe aïe. J’avais oublié que le bivouac en bordure d’étang n’est pas une brillante idée à partir de cette période de l’année ! Demain je tenterai le Camping Municipal d’Eauze pour une douche et une lessive de culottes…. :/

La Chapelle de Routgès. Un autre lieu magnifique.
L’ancienne friche de Montréal du Gers.
…ou l’opportunisme du chien couche-tôt !

Bon premier Mai à toutes et tous !

2022 – Le Voyage de MarCo – 1.15 – Vers Saint Jacques de Compostelle…

Montlauzun – Espis – Moissac…

Étape humide…

Première étape avec de la vraie pluie. La journée de jeudi aura été beaucoup trop longue et très éprouvante… Mouillés, nous avons eu froid, la boue était bien au rendez-vous, impliquant du sur place sur le plat et des marche-arrière forcées dans les montées ! A en juger par les traces de chaussures laissées par les pèlerins précédents nous étions nombreux à galérer dans la boue collante ! Trouver un lieu de pause et de repos au chaud et au sec pour la sieste de Coco s’est révélé… Épique ! Je me rends compte que planifier les étapes en fonction du guide n’est pas pertinent : nous avons eu quelques déceptions, c’est peu de le dire. Une épicerie snack qui est en fait est une cabane vide et fermée, les Chapelles et Églises toutes fermées, un bar vraiment bizarre ou je prendrais soin de taire les anecdotes désagréables… Presque drôles après coup mais sur le moment vraiment nulles. Bref. Une journée de 27km qui m’a coûtée un genou en vrac et un Coco fatigué et blasé de la rando… Le lendemain j’ai effectué les derniers kilomètres en boitant, au ralenti, jusqu’à Moissac où nous sommes restés 4 jours, à l’ancien Carmel.

Vue de Moissac dans le Soleil levant.

Beaucoup de frustration et de déception avec cette douleur au genou… J’ai réservé une chambre privée pour que nous puissions vraiment nous reposer confortablement et que je puisse explorer sereinement cette douleur, cet immobilisme, et faire le point sur les deux premières semaines. Nous étions parfaitement bien installés au Carmel. Coco a dormi non stop et profitait de très courtes sorties hygiéniques pour se soulager et croiser quelques copains. C’était agréable de regarder la pluie par la fenêtre, collée au radiateur, une tisane chaude à la main ! Je n’ai pas fait grand chose si ce n’est pleurer de colère et d’angoisses : la peur de devoir arrêter le voyage ici est très vite survenue ! Et la culpabilité d’avoir pris des décisions nulles ce jeudi m’a descendu le moral assez bas… Les quelques pèlerins croisés sur place ont également fait état d’une journée franchement pas intéressante jeudi. D’autres ont dû prolonger leur escale d’une journée pour trouver des chaussures, se reposer, faire le point aussi. C’était rassurant. Certains m’ont raconté leurs moment de douleurs physiques, de doutes, d’envie d’arrêter, etc. Ça m’a aidée à accepter et à accueillir cette grande pause. Je me suis reposée, j’ai pris soin de mon corps et de mes émotions et j’ai pû revoir des personnes que je n’espérais pas recroiser car leurs étapes sont bien plus longues que les nôtres. La vie a bien fait les choses pour nous permettre de partager d’autres moments d’échanges ensemble, c’était chouette et « familier » si je puis dire. Ce weekend à Moissac m’a aussi permis d’attendre la venue d’une amie qui va marcher quelques jours avec nous. L’occasion de retrouvailles et d’un nouvel élan pour aller de l’avant !

Tentative de redémarrage !

Au départ de Moissac ce matin nous avons suivi la variante qui longe le canal, sous les arbres et dans la brume jusqu’à midi. Le Soleil est à présent revenu pour quelques jours, ça fait plaisir après cette semaine de pluie. Une étape de 15-20km sur du plat pour redémarrer tranquillement et sans hâte. Je tente le lâcher prise sur l’eau et la nourriture. Pour l’instant ça va. Je porte beaucoup de croquettes (j’avais acheté un sac de 3kg dans une jardinerie en arrivant à Moissac) car Coco mange peu du coup ça dur longtemps et ça pèse…!

L’aventure continue vers des contrées complètement inconnues. J’ai toujours autant de peurs (surtout sur la traversée en Espagne quand il fera chaud… On y est pas mais c’est pour dire où va le mental !) Mais tranquillement, nous faisons un pas après l’autre, en tâchant de profiter d’avantage de la balade, du paysage et des rencontres, parce que c’est ça aussi le but de ce voyage…

2022 – Le Voyage de MarCo – 1.10 – Vers Saint Jacques de Compostelle…

Cahors – La Rozière – Montcuq

Vue de Cahors
Sur les hauteurs de Cahors
Sur les hauteurs de Cahors, la vallée du Lot d’où nous venons !

Il est bon de savoir que la montée qui se présente juste après la traversée du Pont Valentré est en fait un mur d’escalade…! J’avais carrément le vertige sur le mini « chemin » d’escaliers et de paroi rocheuse. Wouha. Je remercie tous les végétaux et minéraux auxquels je me suis fermement accrochée pour nous hisser, mon énorme sac et moi, au sommet ! La vue vaut le coup, et c’est là que nous avons fait la connaissance de Marieta, from Tchèque Republique. L’occasion de réviser mon anglais (inexistant) et de marcher un bout de chemin en compagnie d’une jeune femme, ma foi fort inspirante : Marieta est partie du Puy en Velay avec sa tente et a traversé l’Aubrac les pieds dans la neige comme tous les gens que je rencontre depuis que je suis sur Le Chemin. Le tout sans guide, sans comprendre ni parler le français. Respect quoi. A celles et ceux qui trouvent que ce que je fais est courageux, sachez que je suis sur la piste baby !

Coco aussi fait des rencontres chaque jour 🙂
Un bout de Chemin avec Marieta qui a un bon rythme aussi.
Bivouac groupé, toujours exposé Est/Ouest 😉

C’était sympa de croiser tout ce monde qui vient du Puy en Velay, très inspirant et ça m’a donné un peu de force pour poursuivre de savoir que même ceux qui font du bivouac ont survécu à la traversée de l’Aubrac début Avril (ils ont dormi en gîtes les jours de neige (faut pas déconner !)). J’avais envie d’arrêter à Cahors… Bon déjà parce que c’était mon objectif de départ, qui est atteint et c’est bien cool pour une première fois ! Mais aussi parce que c’est dur de voyager avec Coco. Nos rythmes sont vraiment différents : quand il veut s’arrêter je suis sur une phase de motivation pour avancer, et quand il a fini sa sieste de 3-4h de mi-journée je suis complètement à morfle d’avoir rien fait tout ce temps et je peine à redécoller… Il ne se laisse toujours pas soigner le soir donc je suis passée en mode muselière en tissu et grosse voix pour lui appliquer le baume de soin des pattes. Les coussinets sont propres mais il a des échauffements à chaques pattes, dont deux qui lui font mal en fin de journée. Je songe à renvoyer son sac de bât, car je le porte depuis quatre jours… Quitte à ce que ce soit moi qui le porte, autant me délester des 800g des sacoches et porter sa nourriture directement dans mon sac. On avance quand même. J’ai chaque matin l’idée de faire une micro étape mais les circonstances nous poussent toujours plus loin… Hier nous avons marché 18,4 km, 10 km de plus que ce qui était prévu mais ça vallait le coup : nous avons dormi dans la très mignonnette Chapelle de Saint Jean Le Froid (qui porte bien son nom) et échappé aux pluies nocturnes ! Une nuit au sec et au calme pour ces premiers vrais jours de pluie, un vrai cadeau !

Lascabanes, sur Le Chemin vers la Chapelle
Chapelle Saint Jean Le Froid
Nuit au sec dans la Chapelle avec toilettes sèches et eau potable !

Nous avons été très tranquilles et très au calme ici. Je dors toujours aussi mal et peu mais ça faisait super plaisir de trouver un abri pour cette nuit bien pluvieuse ! Par contre le lendemain matin nous avons vu passer un défilé de Pèlerins qui m’a motivée à me lever malgré l’envie de « grasse matinée ». Je ne suis clairement pas prête à me socialiser… La fatigue, les tourbillons émotionnels et la « gestion » de Coco me rendent très associable… Voire parfois carrément désagréable…! J’ai encore besoin d’être seule pour l’instant. Nous avons fini par nous décider de partir sous la pluie, fine mais qui mouille quand même. 7 km à parcourir sur terrain plat jusqu’à Montcuq. En principe carrément easy mais la pluie joue son rôle il faut l’avouer. Je ne sais pas encore si je préfère la canicule sans point d’eau ou la pluie sans abri…!!! J’avais en tête l’idée ferme de me payer un restau à Montcuq, pour la peine ! Après avoir fait tamponner la Crédenciale et fait quelques courses (absence totale de tout sur les 20 prochains kilomètres jusqu’à Lauzerte…) Nous avons trouvé un restau… Royal. Mais tellement tellement royal !!! J’ai beaucoup mangé au restaurant dans ma vie mais jamais je n’avais connu un tel accueil. Chien accepté (Coco était détrempé bien-sûr, et avec une douce odeur de crottin datant d’hier…….) Je ne présentais pas franchement mieux avec mon air désespéré d’humaine triste, perdue et à la limite du désagréable (pantalon mouillé et plein de boue évidemment, j’avais pris soin d’enlever et cacher mon poncho !) nous avons été installés dans un coin calme, près d’un radiateur et d’une prise pour charger le téléphone. Gamelle d’eau pour Coco, sieste au chaud sur parquet. Un restaurant magnifique avec poêle à bois (allumé 😍), magnifique exposition de peintures des paysages locaux, musique douce et jazzie avec quelques tubes « doudous », repas chaud et délicieux (soupe de légumes, poêlée végétarienne, crumble chaud, tisane) et un personnel d’une douceur et d’une gentillesse… Je recommande vivement Le Café de France à toute personne passant par Montcuq (à l’entrée du village), ça vaut vraiment le coup ! Et à des tarifs complètement raisonnables !!! Un rêve. J’ai pleuré de bonheur et de relâchement pendant tout le repas. Tellement heureuse d’avoir atterri ici, pour manger seule dans un super restaurant, chose que j’affectionne particulièrement.

Assiette végétarienne pleine de truc trop bons !!! Marre des frites mal cuites et trop salées ? Mangez végé !!!
Une sieste au chaud et au calme. Parfait !

Tellement bien venue cette pause. Ça redonne de l’élan et ça calme le mental qui a passé la matinée à répéter en boucle « mais pourquoi on est partis ? Mais pourquoi on s’inflige ça alors qu’on avait tout ?!? Quand est ce qu’on rentre ??!? » Parait qu’il faut 21 jours pour installer durablement de nouvelles habitudes. Encore un peu de courage alors ! Si seulement je pouvais dormir VRAIMENT la nuit…

« SILENCIO BRUNO ! » Clin d’oeil à ceux qui auront la ref… 😉 To be continued…

2022 – Le Voyage de MarCo – 1.8 – Vers Saint Jacques de Compostelle…

Cabrerets – Pasturat – Arcambal – Cahors… Avant de passer le pont Valentré !

Après le pont, le grand saut dans le Vrai Inconnu…

Objectif de base atteint aujourd’hui ! Mon idée de départ était de partir une semaine dans la Vallée du Célé de Figeac à Cahors (le Chemin vers Saint Jacques s’est rajouté après) c’est chose faite ! Je profite de la sieste de Coco pour faire le bilan de cette première semaine de voyage à pieds. Beaucoup de leçons déjà…!

Les nuits sont humides et fraîches…!

Malgré les chaleurs que nous avons subies sur le Causse cette semaine, les nuits sont très humides et fraîches, voire froides. Je mesure l’importance de passer des nuits vraiment reposantes qui redonnent vraiment de l’énergie et du moral et qui régénèrent le corps. Nous avons parfois eu froid, je regrette d’avoir renvoyé le drap de sac de couchage thermique (qui fait quand même gagner trois précieux et très appréciables degrés !) et Coco récupère la doudoune sans manche une bonne partie de la nuit ! Et à en voir sa tête, cette initiative semble bien venue. Je tenais absolument à en emporter une doudoune sans manche, maintenant je sais pourquoi !

Chambre, salle de bain, terrasse… Exposition Est/Ouest. Une chouette soirée à Pêche Merle !

Malgré tout nous sommes attachés à un certains confort. Je fais en sorte de dormir chaque soir près d’un point d’eau potable pour que l’on puisse bien se réhydrater. Et pour que je puisse me laver, faire une « lessive » (au moins de culotte…). Les poches à eau fournies avec le sac de bât de Coco se révèlent très utiles pour la douche en pleine nature. Et pour les jours de grande chaleur où les points d’eau se font rares… Nous avons, à deux reprises, dû marcher près de 20km dans la journée pour refaire le plein d’eau. Mes angoisses à ce sujet sont toujours bien présentes : la peur de manquer d’eau et de nourriture, notamment pour Coco, alourdi considérablement le sac… Pourtant, cette semaine nous n’avons manqué de rien. Donc j’ai plutôt intérêt à alléger tout ça ! Surtout les jours où je porte le sac de Coco, comme aujourd’hui. Il a une patte qui le fait souffrir depuis Pasturat et refuse de se laisser soigner le soir… Pas le temps de faire du médical-trainning du coup on passe en mode muselière tissu nylon et voix autoritaire… J’aime pas mais de cette manière ça se fait. Bonne idée d’avoir pris cette muselière, surtout avec un Coco qui ne supporte aucune auscultation !

La semaine de tous les états… Graph sur une porte de garage à Pasturat.

Les peurs diverses, l’euphorie du départ, l’émerveillement devant les paysages, la dureté du dénivelé et des changements brutaux de températures, les loupés dans l’organisation des étapes, le poid des sacs à dos, la disparition des balises… héhé, oui. Il y a eu un loupé sur le chemin de Pasturat à Arcambal : sur le GR36 j’ai suivi, à un moment, l’ancien tracé le long duquel certaines balises étaient effacées… Petit coup de panique de perdre la trace, en pleine chaleur du Causse, au milieu de nulle part… J’ai voulu le faire à l’intuition mais la panique a pris le dessus et j’ai finalement sorti le smartphone… Honte à mes principes !!! Il y avait du réseau et même si le point GPS s’amusait à bouger dans un rayon de 500m (merci la technologie) j’ai fini par me repérer et suivre le chemin que j’aurais choisi d’instinct. Rassurée de retrouver des balises toutes belles et neuves ! Et de voir que ma première idée était la bonne. Ceci dit j’étais quand même bien en colère et vexée de nous avoir rallongé l’étape de près de 2,5km. Heureusement que le soir nous avons été accueillis à Arcambal chez des amis de ma soeur, une pause dans le confort d’une vraie douche, d’une vraie lessive et d’un petit chalet confortable pour la nuit ! Merci à eux, ça nous a redonné le moral pour poursuivre jusqu’à Cahors le lendemain.

Le pont Valentré à Cahors.

Arrivés à Cahors nous avons fait halte à l’Octoir du pont Louis Philippe. Premier signe de se trouver sur le GR65 ! Laurent nous a accueillis très chaleureusement avec une tisane, une gamelle d’eau pour Coco et des toilettes ! Un joli tampon sur la Crédencial qui commence à se remplir joliment. C’est là aussi que nous avons rencontré les premiers Pèlerins, notamment Christophe, parti du Puy en Velay qui a traversé l’Aubrac dans la neige ! Très peu pour nous… Nous n’avons pas encore l’option Warrior suprême dans nos sacs ! Il m’a fait rêvé avec son sac minuscule… Une rencontre inspirante qui me rappelle que je suis toute neuve dans cette aventure. Chaque jour nous prenons un peu plus nos marques : je refais le sac différemment tous les matins avec l’objectif de trouver la meilleure organisation pour limiter le volume et accéder logiquement aux affaires. Pas simple en réalité… Et pourtant, à Brengues, le matin du troisième jour, j’ai renvoyé pour 1,640 kg d’affaires ! Que des choses qui me servaient… Et qui me manquent. Tout ce que j’ai pris dans mon sac je l’utilise, hormis les pinces (tiques, épiler et nourrice) qui pour l’instant restent au chaud au fond de la trousse de toilettes. Je parle peu des ampoules car j’en ai qu’une qui ne me gène absolument pas. Pareil pour les douleurs : à part le genou droit qui ramasse dans les descentes et un peu les épaules en fin d’étape, tout est ok et ça, c’est vraiment un cadeau ! Je repense parfois à l’année 2019, pendant mon sevrage, où je pouvais à peine me rendre d’une pièce à l’autre, au bord du malaise cardiaque… Tout mon Etre à bien cheminé depuis cela et ça me rempli les yeux de larmes de Gratitude d’y songer quand le poid de mon sac m’écrase dans une montée en plein Soleil !

Coucher de Soleil à Pêche Merle.
Presque Pleine Lune à Sauliac sur Célé.
Lever de Soleil à Pêche Merle avec Radio Chevreuils !

Je n’arrive toujours pas à croire que j’ai entrepris cette aventure… Coco s’est réveillé, nous allons traverser le Pont Valantré et attaquer la côte qui se cache derrière ! Quitter la ville me motive. Quelques heures urbaines me suffisent largement, surtout après la semaine que nous avons passée. Il y a beaucoup de pluie annoncée cette semaine… J’espère que la motivation y survivra ! La suite au prochain épisode… Buen Camino !!

PS : j’ai laissé tomber PolarStep… Le blog me suffit pour le quota de virtuel hebdomadaire…!

2022 – Le Voyage de MarCo – 1.5 – Vers Saint Jacques de Compostelle…

Brengues – Marcilhac sur Célé – Sauliac sur Célé – Cabrerets

Sous la pluie de Brengues à Marcilhac, mais une pluie mignonnette, juste pour rappeler que des fois il y aura la pluie… Nous avons parfois des difficultés à trouver de l’eau potable : les points d’eau indiqués sur le Miam Miam Dodo, parfois n’existent plus et parfois n’y apparaissent pas ! Ça nous a fait rallonger une étape (celle de Brengues à Marcilhac) car je n’avais plus d’eau et nous n’avions trouvé personne dans le peu de maison rencontrées…! Les mots d’ordre de cette première semaine : solitude et silence ! Idéal pour démarrer. Ceci dit il y a eu une petite panique quand même… Le fait d’avoir dû rallonger une étape trop importante pour Coco l’a rendu mal un soir… En soirée il s’est trouvé très mal après sont repas, il m’a fait peur. Et ça a fait remonter la mort de Pat’, c’était une dure soirée, froide et humide, heureusement que les chevreuils sont venus nous aboyer toute la soirée et toute la matinée le lendemain ! Ça nous a donné du baume au coeur et ça a réveillé Coco !

Ah ! Une connaissance sur m’inviter au bar de Cabrerets. Je continuerai cet article une autre fois !

2022 – Le Voyage de MarCo – 1.2 – Vers Saint Jacques de Compostelle…

De Beduer à Brengues – 17,4 km…

On n’est pas arrivés !!!

Deuxième journée complètement différente…! Moi qui voulais être un peu seule pour le début, je suis servie ! On croise tout bonnement personne hormis quelques voitures de temps à autres sur les petites routes. Tout est fermé, les villages sont on ne peut plus calmes. Wouha ! C’était très bizarre aujourd’hui. Coco ne profite pas des pauses pour se reposer, du coup il est vraiment naze en fin de journée. Au moins ce soir il n’y a pas d’autre chien pour faire la folie, le programme c’est repos !

Premier bivouac !

Bien installés au camping (fermé) de Brengues. Douche et lessive dans le Célé, fraîcheur maximale !!! Je crois que c’est ce que je préfère quand je vis dehors : me laver dans les rivières ! Les paysages sont très chouettes, quand ça monte et descend c’est pas pour de faux ! Sac tellement trop lourd…….. Il va falloir faire des choix. Je songe à abandonner Coco en route, on a vue une ferme avec des brebis, il sera bien là-bas et je pourrais me délester de presque 3 kg ! joke

On va aller fouiller le village, à vide, à la recherche d’eau pour ce soir et demain. Première peur qui se réalise : pénurie d’eau potable… Et première ampoule ! Qui ne fait pas mal (je l’ai vue par hasard…!) mais qui est bien là pourtant. Aïe aïe aïe ça commence…..! Les paysages fonds plaisir et pour l’instant le temps est gris et venteux ce qui est plutôt parfait finalement !

Ça montait dur cet aprem’ !

2022 – Le Voyage de MarCo – 1.1 – Vers Saint Jacques de Compostelle…

De Figeac à Beduer – 12 km…

Ça y est, on est lancés !!!
Tellement bien accueillis chez Isabelle et Saxo !
La beauté des recoins du Lot 🙂

Ça y est, nous sommes officiellement sur le Camino. Ouhlala !!! Trop contents et nous ne pouvions pas rêver mieux pour cette première journée. Nous avons fait un bout de route avec deux randonneuses très chouettes. Pas encore rencontré de Pèlerins. 12km parcourus, à l’aise ! Même si les sacs sont trop lourds (je porte parfois le sac de Coco quand il en a marre) et on fait des pauses régulièrement, tranquilles 🙂

La Magie du Chemin semble avoir déjà opéré… Toutes les peurs se sont envolées dès les premiers kilomètres. Malgré le vent un peu frais et bienvenu dans les montées la météo était top et, c’est en nous laissant porter que nous avons rencontré Isabelle et son super jeune chien Saxo ! Qui nous ont naturellement accueillis chez eux, royal pour cette première nuit. Une rencontre émouvante, très vraie et profonde, comme je les aime ! Du pur bonheur ! Merci à Isabelle pour cette soirée radieuse et ô combien agréable !! Bientôt cette magnifique maison accueillera officiellement les pèlerins et je recommande vivement de venir à la rencontre de cette très belle personne. Cette rencontre est un immense cadeau déjà, j’en reviens pas que cette première journée se soit passée de manière aussi agréable et fluide, c’est très motivant pour s’engager dès demain sur la Voie du Célé pour traverser ce superbe département qu’est le Lot !

Coco est dans le coma après avoir joué avec son nouveau copain toute la soirée…! 😏 L’air de rien marcher avec un sac sur le dos benh… Ça change la donne !!! A ceux qui ont déjà marché avec nous, vous seriez largement en tête de peloton dans ces conditions. Ça rame bien dans les montées héhé !! Coco est libre le plus possible, globalement il respecte bien les consignes de sécurité même si je dois rester vigilante en fin de journée, avec la fatigue ça devient moins précis et les réactions tardent à se mettre en actions. En tout cas aujourd’hui il a été exemplaire malgré la fatigue. Un bon poulet ce chien !!!

J’ai encore du mal à croire que je réalise enfin mon rêve de voyage à pieds… C’est génial et je me roule dans la joie de ce premier jour et dans son confort car ce ne sera certainement pas toujours comme ça. Profiter de l’instant présent et lâcher prise ; se laisser porter ; accueillir et apprendre à recevoir. Oui. Oui oui oui ! Merci 🙂